Des principaux devoirs civiques des chrétiens

“Le scout est fils de France et bon citoyen.” Que veut dire ce deuxième principe ? Pour nourrir notre réflexion, nous vous proposons ici un bref résumé de Sapientia Christiana, lettre encyclique de Léon XIII du 19 janvier 1890.


Il est de plus en plus évident que nous devons retrouver les principes chrétiens et les appliquer non seulement dans la vie privée mais surtout dans la vie et les institutions publiques.

Tous les maux actuels de la société viennent de l’oubli de ces grandes vérités.

Les progrès pour le bien-être physique et la santé ont fait un bond considérable à notre époque, mais ils font malheureusement oublier bien souvent les biens de l’âme et l’ « on pourrait presque dire que plus le bien-être physique est en progrès, plus s’accentue la décadence des biens de l’âme ».

On peut en voir une preuve dans « les injures trop souvent répétées qu’on fait à la religion en plein jour et aux yeux du public, injures, en vérité, qu’un âge plus jaloux des intérêts religieux n’eut tolérées à aucun prix ».

Quels sont donc ces devoirs des chrétiens ? c’est l’objet de cette lettre.

Le premier et le plus important, dont découlent tous les autres :

Le chrétien aime son pays et donne sa vie pour lui si c’est nécessaire mais il fait aussi partie d’une société supérieure, la plus grande et la plus sainte ici-bas : l’Eglise. Il doit donc lui être soumis, c’est-à-dire, être soumis à Jésus-Christ qui en est le chef.

Il doit donc obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes même si pour cela il peut être obligé de désobéir à certaines lois de son pays. Ce n’est pas pour autant une sédition.

Les chrétiens voient dans le pouvoir un reflet et une image de la Majesté Divine et se rappellent que tout pouvoir sur terre n’est donné que par Dieu. Ils respectent donc ce pouvoir « même quand il réside dans un mandataire indigne ». Ils respectent les lois, non par peur peur d’une sanction pénale et mais par devoir de conscience.

Par contre ils se font un devoir de leur résister quand elles sont en contradiction avec la Foi.

Garder la Foi

La Foi étant tellement attaquée et de toute part, il est de notre devoir de veiller sur notre âme et de garder intacte notre Foi. Pour cela l’étude de la doctrine catholique est absolument nécessaire, et s’il faut garder intacte la Foi, il faut aussi l’augmenter, d’où la nécessité de la prière.

Défendre la doctrine catholique

Mais la foi ne peut être gardée pour soi seul, il faut la défendre et la propager ouvertement, c’est le devoir de tous les chrétiens. Ne pas s’en acquitter serait lâcheté.

Souvent le seul fait d’être ferme et de défendre sa foi suffit à faire taire les adversaires. Les chrétiens sont nés pour la bataille.

La doctrine catholique dès qu’elle est saisie par une âme simple et sans préjugés a aussitôt pour elle l’assentiment de la saine raison, mais pour cela elle doit être connue. Pour être connue elle doit être prêchée, ils faut donc que les chrétiens, et non pas seulement les prêtres et évêques, la prêchent autant qu’ils le peuvent.

Le chrétien ne peut agir sans l’Eglise et partant il doit lui être soumis

Mais le chrétien ne peut et ne doit descendre seul à la bataille ; le Christ l’a voulu dans une société qui est l’Eglise, elle qui combat « comme une armée rangée en bataille ».

Il doit donc y avoir une seule doctrine, un seul Seigneur, une seule foi.

Le chrétien doit accepter tout ce que dit l’Eglise, pour que l’unité soit parfaite. Il lui faut pour cela une obéissance parfaite à l’autorité du souverain pontife. Cette obéissance ne peut se résumer aux vérités de la Foi, elle englobe aussi tout ce qui touche la morale.

L’Eglise et l’Etat

Il n’y pour autant pas de contradiction entre le gouvernement de l’Eglise et celui de l’Etat. Les chefs d’états sont libres de gouverner leurs pays et l’Eglise « ne répugne pas à cette liberté, mais elle la seconde de toutes ses forces ». En effet elle nous demande de pratiquer la vertu de piété qui, prêchant la justice envers Dieu, prêche par le fait même la justice envers le prince.

Cependant l’Eglise seule à reçu pouvoir de gouverner les âmes. Etant une société parfaite par elle-même « elle refuse de droit et par devoir » d’être assujettie au pouvoir temporel et aux partis politiques. Elle reste indifférentes aux divers systèmes de gouvernements mais approuve ceux qui sont respectueux de la religion et de la morale chrétienne.

Il est possible aux chrétiens d’adhérer à tel ou tel parti, et donc de ne pas être toujours en accord, mais si la Foi et la morale chrétienne sont attaquées il est de leur devoir de s’unir pour la défendre comme leur bien le plus précieux.

L’Eglise et l’Etat sont donc indépendant chacun dans la limite de leurs compétences, mais il n’est pas vrai que ces deux société soient pour autant désunies, et encore moins ennemies. En effet l’homme n’est pas seulement un être physique, il est aussi moral. « C’est pourquoi de la tranquillité de l’ordre public, but immédiat de la société civile, l’homme attend le moyen de se perfectionner physiquement, et surtout celui de travailler à sa perfection morale, qui réside exclusivement dans la connaissance et la pratique de la vertu. Il veut en même temps trouver dans l’Eglise les secours nécessaires à son perfectionnement religieux, lequel consiste dans la connaissance et la pratique de la religion véritable. »

De là découle que les hommes politiques doivent éditer des lois qui permettent aux hommes de pratiquer la vertu, et l’Eglise à un droit de regard sur ces lois en tant qu’elles touchent à la morale. L’Eglise a donc pour mission de s’opposer aux lois et aux gouvernements qui sont contraires à la pratique de la morale et de la religion catholique et de favoriser et encourager les lois et les gouvernements qui protègent et soutiennent la Foi catholique.

L’action des catholiques

Il est donc non seulement important mais primordial que les catholiques s’unissent dans un temps où la religion est particulièrement attaquée. Rappelons-nous que les méchants progressent par la faiblesse des bons et que si la vraie charité avait toujours régné parmi les catholiques l’erreur n’aurait peut-être pas gagné autant de terrain.

Deux écueils 

Ceux qui prennent part aux affaires publiques doivent éviter avec soin la fausse prudence. En effet celle-ci laisserait facilement droit de cité à l’erreur pour éviter qu’un combat face à face ne rende encore plus méchant les adversaires. Cette fausse prudence non seulement ne combat pas l’erreur, mais par ses atermoiements, elle lui permet de progresser. Ces mêmes hommes bien souvent clament leur attachement au Saint Siège mais se permettent des reproches envers le Saint Père.

A l’inverse certains voudraient prendre le pas sur l’Eglise et lui imposer leurs idées et leur volonté. Ils « s’épuisent en vains efforts et ne sont pas moins répréhensibles que les premiers. »

Honneur à ceux qui « combattent le bon combat »

Honneur à ceux qui défendent courageusement la Foi et la morale catholique surtout dans un monde où l’Eglise est attaquée de toute part. Qu’ils persévèrent avec prudence et toujours soumis à la Sainte Eglise, laquelle gouverne non seulement par le pape mais par tous les évêques. Ainsi les prêtres et les fidèles doivent être très unis à leurs évêques. Ils ne doivent en aucun cas les critiquer mais laisser ce soin, si c’était nécessaire à l’autorité du pape.

Retour des nations à la vraie Foi

« Dieu n’abandonne jamais son Eglise. Celle-ci n’a donc rien a redouter des attentats des hommes, mais les peuples qui ont dégénérés de la vertu chrétienne ne sauraient avoir la même garantie. »

Il est donc urgent que les peuples reviennent à la pratique d’une vie vraiment catholique et qu’implorant instamment la miséricorde de Dieu, ils le supplie d’intervenir. Saint Paul nous le demande : pratiquons surtout la charité qui est « le lien de la perfection ».

Pères de famille

Que les pères de famille fassent régner au foyer la vraie vie chrétienne, car c’est ici, au berceau des enfants, que se prépare l’avenir de la société. S’il est un devoir primordial aujourd’hui, c’est de ne pas confier ses enfants à des écoles qui les empoisonneront.

Conclusion

Pour le bon combat « il n’y a pas de fatigues qu’il ne faille endurer : ces labeurs auront droit à la plus grande récompense dont puisse être couronnée la vie chrétienne. »

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