Un scoutisme catholique…

Nous reproduisons ici le rapport moral présenté par l’aumônier général des Scouts de France, le Chanoine Cornette, à l’Assemblée générale de 1928. Le texte a été publié dans la revue Le Chef n°60, en février 1929.

Derrière l’intérêt historique, il nous semble que c’est un texte relativement fondamental. Le Chanoine Cornette y rappelle une vision catholique du Jamboree, loin d’une fraternité béate. Il poursuit en rappelant le dynamisme des Scouts de France, dynamisme qu’ils tiennent de leur catholicité, suivant les recommandations reçues de Pie XI. L’aumônier général rappelle aussi la primauté du spirituel, en conformité avec la hiérarchie de l’Eglise et par une habile collaboration du prêtre et du laïc. Finalement, c’est toute l’organisation du scoutisme qui tend à un but d’abord spirituel, à la réalisation de chrétiens complets.
Au-delà d’un souvenir passéiste, ces paroles doivent nous inspirer. Bientôt ce seront les camps. Quel esprit allons-nous leur donner ? Seront-ils un simple déroulé d’activités ou une véritable aventure intérieure ?

Rappelons que les Scouts de France, association catholique, ont été fondés en 1920, résultants de la fusion des troupes indépendantes qui existaient alors.


Il y a huit ans, trois ou quatre groupes de formation scoute, fondés isolément avant et pendant la guerre, répondant à un appel lancé en 1916 par les Entraineurs de Saint-Honoré-d’Eylau, constituaient, sous une dénomination unique, « Les Scouts de France », la Fédération Nationale Catholique du Scoutisme Français. 
Audacieusement peut-être, mais confiants dans l’avenir, ils s’en allaient au nombre d’une bonne douzaine représenter la Fédération naissante au premier Jamboree de Londres, en juillet-août 1920.
Ce fut le premier geste national et international du scoutisme catholique français.
Son Éminence le cardinal Bourne, Archevêque de Westminster, le consacrait par cette bénédiction écrite de sa main, au bas de sa photographie qu’il daignait nous offrir : « Je bénis les scouts catholiques français en union avec leurs frères les scouts catholiques anglais ».

Dans quelques mois, du même point de départ, puisque la Fédération a maintenu son siège sur la paroisse Saint-Honoré-d’Eylau, vont s’ébranler vers l’Angleterre, pour le Jamboree de la majorité, des cohortes de scouts catholiques français, aussi impressionnantes par leur valeur que par leur nombre.
Elles attesteront que nous avons eu raison de nous fier à notre étoile et de croire à l’avenir. Elles poseront, au regard de nos frères du monde entier, la puissance de rayonnement de notre mouvement et la vitalité du scoutisme catholique.
Cela, c’est l’avenir immédiat. Et cet événement a trop d’importance, du point de vue catholique et du point de vue de notre scoutisme, pour que nous n’ayons pas l’occasion d’y revenir.
Si, dans un rapport présenté à l’assemblée générale, il ne saurait être interdit de jeter un regard sur les perspectives d’avenir, nous n’oublierons pas que l’objet principal de ce rapport, c’est le présent, en fonction du passé.

Or, ce présent moral et religieux, celui qui intéresse plus spécialement l’aumônier général, et dans lequel il doit se cantonner, comme dans un domaine qui lui est réservé, quel est-il ?

Nous lisons à la page 25 de notre annuaire (cette page, grâce à Dieu, et en raison de la force expansive de notre mouvement, n’est vraiment plus – qu’on me permette cette expression – « à la page ») la statistique suivante :

Situation du mouvement au 1er avril 1928.
389 troupes de scouts.
193 meutes de louveteaux.
37 clans de routiers.
134 troupes en formation.

Les visites successives que nous venons de faire, en ces dernières semaines, dans les diocèses de Cambrai, Metz, Nancy, Tours, Le Mans, Blois,Annecy, Chambéry, et Poitiers nous donnent des espoirs qui accroissent singulièrement ces chiffres.
Nous venons de dire que nous avons débuté, il y a huit ans, avec trois ou quatre petits groupes, sans grande cohésion, et plutôt de tendance scoute que de véritable formation et organisation scoute.

A qui et à quoi devons-nous un tel succès de progression, en dépit de toutes les difficultés, de toutes les oppositions, de tous les obstacles, d’apparence humainement insurmontables ?
A Dieu, certes, d’abord !
Vers Lui, de tout l’élan de notre coeur, doit monter le cri de notre reconnaissance.

Non nobis Domine, sed nomini tuo da gloriam.

Non nobis… pourtant si, en toute humilité, mais en toute vérité, nous devons le dire, nous le devons aussi à nous, à notre fidélité à nous tenir, dans la direction de notre mouvement, et dans la rédaction de nos règlements religieux, à cette Charte constitutionnelle que nous avons reçue de Sa Sainteté Pie XI à la date du 30 mars 1922, par les mains du cardinal Gasparri.
Qu’on me permette (et qu’on me pardonne si j’y reviens sans cesse) de rappeler ici les principes fondamentaux sur lesquels nous avons fondé, comme sur le roc indestructible de l’Église, notre mouvement:

« Aider les âmes à devenir, sous l’influence de la grâce divine, des âmes pénétrées des enseignements de la foi et de la doctrine catholique.
Des âmes fidèles à la pratique constante d’une vie religieuse exemplaire…
Des âmes filialement soumises à la direction de leurs pasteurs et du Souverain Pontife…
Et du même coup, des âmes vaillantes, dévouées et chevaleresques.
Tel est le but de votre Association. »

Examinons au regard de nos règlements et des directives que nous avons données et qui ont été scrupuleusement suivies, chacun des trois points de cette Charte constitutionnelle.

1er point – L’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX.

Aider les Ames à devenir des Ames toutes pénétrées des Enseignements de la Foi et de la Doctrine Catholique.

Ces enseignements de la Foi et de la Doctrine catholique, qui les donne dans nos troupes ?
Non pas un prêtre quelconque, un prêtre de passage, qui viendrait au hasard des circonstances apporter à nos enfants la parole de Dieu, mais un prêtre délégué officiellement par l’Église, nommé par l’autorité ecclésiastique compétente, désigné par le diocèse de la Fédération, pour qu’il soit, dans chaque troupe, avec le titre et l’autorité d’aumônier responsable, le maître de la doctrine, le gardien de la morale individuelle et sociale, l’inspirateur du dévouement et de la charité, le commentateur autorisé de l’Évangile et de la loi scoute, qui n’est que l’application pratique de l’Évangile dans la vie quotidienne de nos garçons, basée avant tout sur des motifs surnaturels.

Il faudrait citer ici, pour bien préciser cette mission de l’aumônier scout, des extraits nombreux et décisifs des remarquables conférences faites, en 1926, à la première retraite de aumôniers scouts, prêchée par le R.P. Héret O.P. et la page magistrale écrite par M. le Chanoine Richaud, directeur des Œuvres, notre aumônier diocésain de Versailles, et qui a pour titre : « Méditation sur l’aumônier Scout » dans son bel ouvrage « Les Veillées de Prières ».
Ces deux petits volumes devraient être entre les mains, non seulement de tous les aumôniers, mais de tous les chefs.
Ils précisent quelles garanties d’authenticité l’enseignement de la foi et de doctrine catholique, nos chers scouts – et tous ceux qui se préoccupent de cet enseignement – trouvent dans l’organisation catholique de notre mouvement.

2e point – LA PRATIQUE RELIGIEUSE.

Aider les Ames à devenir des Ames Fidèles à la pratique constante d’une Vie Religieuse exemplaire.

Georges Goyau, dans l’une de ses remarquables études sur notre mouvement, parle de l’effort du catholicisme français pour surnaturaliser l’éducation de la responsabilité que le scoutisme prétend inculquer, et pour intéresser l’honneur même du scout à l’observance particulièrement assidue et particulièrement fervente de la pratique religieuse.
A quel point notre scoutisme catholique, sous l’action apostolique de nos chers aumôniers, a-t-il forgé des âmes d’élite, toutes pénétrées de la charité du Christ et vivant leur christianisme ? Ces évidemment le secret de Dieu…

Ce secret, l’Esprit Saint nous avertit qu’il faut le respecter : 
Secretum Regis abscondere bonum est.

Cependant, si Dieu lui-même permet que les dons merveilleux de sa grâce aient leur rayonnement extérieur, c’est qu’il entre dans ses desseins que, pour sa gloire, nous les publiions.
Opera autem Dei, revelare bonum est.

Vocations 

A ce titre, regardons avec quelque fierté vers les sanctuaires, et avec une infinie gratitude envers Dieu qui daigne y appeler « à plus haut service » comme nous disons, des scouts en belles et nombreuses phalanges.

Tertullien voulant faire l’apologie du christianisme, dans les premiers siècles de l’Église disait :
« Nous ne sommes que d’hier, et déjà nous envahissons vos palais et vos municipes. »
Avec toute la réserve que la modestie et la vérité nous imposent, si nous voulons appliquer à notre mouvement cette parole apologétique, ne pourrions-nous dire, à ceux qui nous méconnaissent encore et doutent de notre vie religieuse :

« Nous n’avons que huit ans ; les garçons que nous avons formés arrivent à peine à l’âge d’homme, et là où les circonstances ont permis que nous puissions nous organiser, est-il un séminaire, et en dehors de ces diocèses est-il un noviciat, où n’apparaissent déjà nombreuses aux boutonnières des soutanes, les petites croix potencées des scouts de France ? »

L’an passé, plus de 80 scouts (chefs et routiers) allant jusqu’au bout de la promesse qu’ils avaient faite de servir de leur mieux Dieu, l’Église et le prochain, ont répondu à l’appel que le Christ Jésus adressait sur les bords du lac de Tibériade à ceux qui furent ses premiers apôtres :
« Quittez tout et suivez-moi ! »

Veni sequere me !

Piété à la troupe

Si ces élus du sanctuaire peuvent apparaître comme le signe de la bénédiction de Dieu sur notre mouvement, n’avons-nous pas le droit de proclamer, au surplus, que tout, dans son organisation, tend à préparer pour notre pays des chrétiens supérieurs, des hommes non seulement fiers de leur foi mais lui soumettant toute leur vie, des chefs de famille qui fonderont leur foyer sur les vertus essentielles pratiquées par eux en esprit surnaturel et que préconise la loi scoute ? 

Qu’on interroge sur notre jeunesse les pasteurs des paroisse où s’est solidement organisé notre mouvement, et ils diront si notre scoutisme n’a pas multiplié la ferveur religieuse, l’assistance aux messes du dimanche, la fréquentation eucharistique, la participation aux manifestations de piété : processions du Très Saint-Sacrement, retraites générales et retraites fermées ?
Nos routiers n’apparaissent-ils pas déjà, parmi les auxiliaires les plus dévoués de nos Œuvres ?

Qu’on interroge plus spécialement nos chers aumôniers scouts, eux qui vivent plus près de nos garçons, et ils diront ce qu’est la vie religieuse en camp, lorsque les scouts s’agenouillent autour de l’autel rustique, dressé par leurs mains pieuses, dans la clairière ou à l’orée d’un bois, le recueillement avec lequel ils s’associent à l’auguste sacrifice et, spontanément, sans autre pression que celle de leur ferveur, se nourrissent du Pain Eucharistique ; Panem nostrum quotidianum da nobie hodie.

La veille, au feu de camp, après la gaieté des rondes et la fusée des rires, quand peu à peu les chants sont devenus plus graves, les scouts ont appelé sur leur sommeil, dans un beau cantique, la protection d’en haut et courbé leur front sous la bénédiction de l’aumônier. Puis, silencieusement, ils rentrent sous leur tente, examinant dans leur conscience les déficiences de la journée et méditant sur le mot d’ordre qu’ils ont reçu. Ils comprennent que toute la joie du camp n’a en définitive d’autre but que de leur faire sentir Dieu plus près d’eux dans la nature et de leur apprendre à le mieux servir et à le mieux aimer.

Aussi, ne nous étonnons plus de cette réflexion qu’écrivait un jeune C.P. Henri Pineau, rentré depuis à la maison du Père :
« Au camp on communie tous les jours… Au camp on ne fait pas de péché. »

Le camp n’est pas seulement l’épreuve pratique et la démonstration nécessaire des méthodes et de la pédagogie scoutes. Isolant l’enfant de ses occupations et de son milieu habituel, il crée dans la fraternité du dévouement et dans la contemplation de la nature, où l’âme apprend à s’élever vers Dieu, une atmosphère de vie spirituelle.
L’âme de l’enfant s’épanouit à l’aise et dans la joie.
C’est là que l’action de l’aumônier se fait plus pénétrante et plus profonde au cours des conversations intimes de la journée. C’est là que se prennent des résolutions généreuses qui parfois orientent toute une vie.

Un camp bien dirigé, a dit le P. Sevin, est une retraite fermée à ciel ouvert.

3e point – DISCIPLINE CATHOLIQUE.

Aider les Ames à devenir des Ames filialement soumises à la direction de leurs Pasteurs et du Souverain Pontife…

Les Scouts de France dans les diocèses

Tout notre mouvement, d’après nos règlements, s’organise dans les cadres officiels de l’Eglise et dans le respect de la hiérarchie.
Non seulement nous recevons de Rome des directives générales, filialement obéies, mais nous nous interdisons de pénétrer dans un diocèse sans l’assentiment de l’ordinaire.

Quand nous sommes autorisés à y organiser notre mouvement, nous prions l’évêque de bien vouloir nommer un aumônier diocésain qui est le plus souvent le directeur général ou le sous-directeur des Œuvres de son diocèse, ou tout autre prêtre qu’il désigne pour cette mission.
Cet aumônier diocésain est le juge de l’opportunité de la fondation des troupes dans le diocèse, que ces troupes soient paroissiales, inter-paroissiales, troupes de collèges ou troupes spéciales : troupes d’institutions ou troupes ouvertes.

Aucune troupe ne peut être affiliée à la Fédération si elle n’a un aumônier et aucune nomination d’aumônier ne peut être entérinée par nous si elle n’est présentée par le délégué de l’autorité diocésaine.
Les troupes dites d’institution (troupes de paroisses ou de collèges religieux) ont comme directeur le chef de cette institution, c’est-à-dire le curé de la paroisse ou le supérieur du collège.
Ceux-ci désignent l’aumônier de troupe et agréent le chef de troupe (Les chefs d’institutions (curé dans la paroisse, supérieur dans le collège) sont donc les arbitres des difficultés qui pourraient surgir dans le gouvernement de la troupe.).

La fédération donne l’investiture à ce dernier.

Responsabilités et relations

Cette investiture signifie que le chef de troupe (S.M. ou A.S.M.) est qualifié par la Fédération pour enseigner le scoutisme des scouts de France ; et voilà pourquoi les règlements disent « que le chef est responsable devant l’association. »

Cette responsabilité a pour objet le commandement, la technique et l’administration de la troupe.

Sur ces trois points, le chef de troupe doit des comptes à la Fédération qui lui a donné l’investiture.
L’aumônier, lui, n’est responsable que devant l’autorité religieuse, qui l’a nommé à la direction de la troupe.
Et si son action a pour objet direct l’enseignement de la doctrine, la formation religieuse et la discipline catholique, son droit de regard s’étend à toute le vie de la troupe, car à toute cette vie se mêle un intérêt moral et religieux.
Les rapports entre l’aumônier et le chef de troupe se précisent d’un mot : confiance réciproque et accord général sur tout ce qui intéresse le gouvernement de la troupe.

Pour assurer l’administration des provinces et des districts de l’association, le Conseil d’administration est représenté, à la tête des ces provinces et districts, par des commissaires qui ne peuvent exercer leurs fonctions dans les diocèses que s’ils ont été agréés préalablement par l’évêque, et tant qu’ils restent agréés par lui.
C’est entre le commissaire et l’autorité diocésaine que se règlent tous les intérêts moraux et religieux des troupes scoutes du diocèse et la participation aux grandes manifestations religieuses.
L’aumônier diocésain fait d’ailleurs partie de droit des comités de district et de province  ayant pour objet le développement du scoutisme dans le diocèse.

Ces principes généraux établissent à quel point la fédération a eu le souci, dans toute son organisation et dans ses règlements, du respect de la hiérarchie et de la discipline catholique.
Nous pouvons dire, en vérité, qu’il n’est pas d’Œuvre Catholique de Jeunesse qui soit plus que la nôtre, située dans le cadre du diocèse.

CONCLUSION

Aussi, fière qu’on le lui permette devant les résultats déjà acquis, la Fédération compte-t-elle atteindre le but que lui a assigné le Saint Père dans la Charte octroyée :

Forger des Ames Vaillantes, Dévouées et Chevaleresques.

Mais ces âmes vaillantes, dévouées et chevaleresques, ces âmes de chefs dont notre pays a le si pressant besoin, ne peuvent se forger que par la pratique des responsabilités.

Confiance 

Ce qui fait le succès de notre méthode scoute, c’est la confiance que nous faisons au garçon même très jeune.
Depuis le petit sizenier des louveteaux jusqu’au commissaire chacun de ceux qui reçoivent une charge de chef est investi d’une autorité réelle bien que toujours contrôlée et proportionnée à son âge, et à l’intérieur des patrouilles et des troupes chaque garçon se voit confier une tâche dont il est responsable et pour laquelle on lui laisse la plus grande initiative.

Sans doute, il leur arrivera de faire quelques gaffes… On veillera à ce qu’elle ne soient point trop dangereuses. Il advient souvent que nous nous instruisons plus par nos gaffes que par les plus sages conseils. L’expérience est une lumière qui n’éclaire que ceux dont elle a d’abord un peu brûlé les doigts.

Nous nous souvenons au surplus, du mot si profond et si éducateur de B.P
.« Les garçons sont capables de porter des responsabilités plus lourdes qu’on ne le suppose communément, pourvu qu’on leur fasse confiance en faisant appel chez eux au sentiment de l’honneur. »

Et c’est précisément cette confiance qui attire le garçon chez nous et qui le retiendra à la troupe, pour peu qu’il entrevoie le bel idéal scout.
C’est par la confiance qu’on lui témoigne, qu’il s’intéresse à sa propre formation.
Il se sent devenir un homme, parce qu’on fait appel chez lui à ce fond de noblesse que le péché, grâce à Dieu, n’a pas su détruire et qui demeure chez tous les êtres qui ne sont pas complètement dévoyés.
Il se sent devenir plus chrétien parce qu’il a découvert Dieu dans sa conscience, sous le regard de laquelle on s’efforce constamment de le placer, et il comprend très vite que ce regard sera d’autant plus lumineux que sa foi sera plus éclairée et sa vie religieuse plus intense…

Temporel et spirituel

Mais ce qui fait encore le succès de notre mouvement, ce qui assurera son développement dans notre pays, c’est la collaboration étroite et fraternelle à laquelle il fait appel entre le prêtre et le laïc.

Sa Sainteté Pie XI a prononcé ce mot qui est une lumière, comme tout ce qui vient de la chaire de Saint-Pierre : le Laïcat.

Le laïcat est aussi éloigné du cléricalisme qu’il l’est du laïcisme. Et il apparaît bien comme devant être la formule vitale de la direction des Œuvres catholiques.

Se faisant mutuellement confiance dans la charité du Christ, selon le principe fondamental d’éducation scoute, prêtres et laïcs, chacun exerçant son activité propre – laquelle en aucun point ne saurait être exclusive – dans un domaine qui ne peut se diviser, puisque ce domaine unique est l’âme indivisible de l’enfant, ils coalisent leurs efforts, sous la primauté du spirituel, pour faire surgir dans l’accord le plus généreux et le plus surnaturel cette race des vaillants, des dévoués et des purs, cette race de chevaliers qu’attend de notre scoutisme le SOUVERAIN PONTIFE.

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