Examiner son oraison…

Faire oraison… On le demande au Routier, et même au scout de première classe. Bien au-delà, ce doit être le cœur de la vie spirituelle de tout chrétien. Mais les mots font peur, intimident. N’est-ce pas réservé aux religieux et aux saints ?


En fait, il n’y a là rien de bien compliqué. Il nous faut prendre fermement la résolution d’avoir régulièrement ce tête à tête avec Dieu. On lira un texte saint, un extrait d’Evangile, et après une courte prière, on prendra le temps d’y penser, de s’imaginer la scène. Surtout, on laissera la parole à l’Esprit-Saint plutôt que de vouloir parler à tout prix. Dix ou quinze minutes plus tard, on terminera par un acte d’amour et de volonté qui sera consolidé par une prière.

Soyons pratiques. Définissons le meilleur moment de la journée, affichons-le au-dessus de notre lit, créons un rappel sur notre téléphone, qu’importe. Tous les moyens sont bons. Soyons inventifs !

Il est bon, après chaque méditation, de s’asseoir quelques minutes et de faire un examen par écrit, dans notre petit carnet de suivi spirituel. Ce sera la manière d’en confirmer les fruits, mais aussi d’examiner ce qui est bien (s’en réjouir, le consolider), et moins bien (chercher la cause, trouver des remèdes). Voici ce qu’il nous faut examiner :

I – Avant la méditation : silence ? recueillement ? mise en adoration ?
Il faut aider notre corps à se couper du monde : respiration profonde et consciente, se prosterner et embrasser le sol… pour la méditation en elle-même, ne pas hésiter à prendre la position qui nous est la plus confortable.
N’oubliez pas d’éteindre le téléphone, ou de le mettre en mode avion pour éviter une distraction. Les messages peuvent bien attendre quinze minutes.

II – Pendant la méditation :
– l’oraison préparatoire ? la composition de lieu ? la demande ?
– la mémoire : me suis-je bien rappelé le sujet ? ai-je écarté les autres pensées ?
– Intelligence : mes réflexions, les conséquences que j’ai tirées de ma méditation, les lumières spéciales que j’ai pu avoir.
– Volonté : est-ce que j’ai excité mes affections ? Ecrire et décrire les sentiments que j’ai éprouvés. Est-ce que je me suis laissé aller au colloque, à cette conversation avec Dieu ? Est-ce que j’ai remercié Dieu de cette méditation ? Est-ce que j’ai pris des notes ?

III – Après la méditation : ai-je examiné ma méditation ? Etait-elle bonne ? mauvaise ? pourquoi ? quels remèdes ? quelle résolution pratique ?

Quelques conseils :

Ne jamais abréger le temps de l’oraison. Même si tout paraît fade, si les distractions sont nombreuses, si on s’endort. Persévérer. Revenir encore et encore. En cas de désolation, d’envie d’écourter, prolonger un peu au contraire (c’est le principe de l’agere contra). C’est le meilleur moyen pour gagner des grâces et pour que le démon nous laisse tranquille… si à chaque fois qu’il nous tente nous posons un acte de vertu supplémentaire, il verra vite qu’il travaille contre lui et cessera ses méfaits !

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